La Paroisse Catholique Budikadidi a soufflé sur ses 25 bougies

Peuple, militant du bosquet initiatique africain de Tshikapa en alliance avec ses intellectuels organiques, sous l’égide du docteur Abbé Ntumba Muena Muanza ont, du 26 septembre au 3 octobre 2010, organisé une semaine africaine de réflexion, un colloque sur les 25 ans d’inculturation ou d’indépendance religieuse, qualifié d’un séisme religieux au sein de l’Eglise catholique romaine.  » Tuye too tuimane, tuele mutoto wa kulu diyi witabe, tukume kalowa  ku dime kuule  » (NDLR Allons jusqu’à nous arrêter. Appelons l’étoile du ciel, qu’elle réponde. Frappons la calebasse à la rosée qu’elle se remplisse). 

 A travers ce thème, les organisateurs  de ce colloque, notamment les prêtres catholiques, Ntumba Muena Muanza, Museka Ntumba et Kabasele Lumbala, invitent les Noirs du monde entier à se réveiller du profond sommeil, à faire halte et réfléchir sur leur sort dramatique dans le monde et à s’unir pour réussir leur révolution. Selon les organisateurs, certains Juifs ont cru librement en Jésus-Christ. Le judéo-christianisme est le produit de la rencontre de ce peuple avec la religion chrétienne. A travers les Juifs, plusieurs Grecs crurent aussi en Jésus-Christ, bien que gênés par la pesanteur du Judéo-christianisme. Le Christianisme grec est le produit de cette rencontre. C’est l’inculturation grecque. De nombreux Romains crurent aussi en Jésus-Christ après les Grecs. De cette rencontre est issue le Christianisme romain. C’est l’inculturation romaine. 

Reste l’avènement attendu de la vraie foi des Africains en Jésus-Christ, c’est-a-dire le Christianisme africain qui n’est autre que produit de l’inculturation africaine. Un impératif en Afrique noire depuis 1959. Il y a donc 25 ans depuis 1985 à ce jour, que l’inculturation africaine est vivante dans la paroisse Budikadidi autre fois Saint Joseph. Concrétisant un rêve commun du 15 septembre 1983 conçu au Canada par les jeunes prêtres alors étudiants (Museka-Ntumba, Kabasele Lumbala, Ntumba Muena  Muanza…) Des milliers des croyants, peuple africain de Tshikapa, Kalomba, Lunyeka, Kafuba, Mayi munene, Kitangu, Mulamba Shinga… croient en Jésus-Christ librement en tant qu’Africains. Les prières et la résolution des problèmes se font autour du foyer sacré « Tshiota « . 

Dans son  mot d’ouverture du colloque, Ntumba M. Muanza a de prime abord remercié Dieu pour l’avoir créé Noir, héritier d’un continent aussi riche matériellement et culturellement, berceau de l’humanité et de la civilisation. Cet homme de Dieu n’a pas hésité de s’indigner du fait que les vraies sciences aient aidé d’autres peuples du monde à se promouvoir, pendant que l’Afrique ne tire pas de bénéfice des sciences de ses fils et filles. Il a regretté à ce sujet que les détenteurs du savoir africains, souvent mal sélectionnés pour aller aux études, refusent de revenir en Afrique pour la transformer de l’intérieur. Ces détenteurs du savoir préfèrent rester en Europe ou en Occident pour leurs intérêts personnels. Ceux qui rentrent, a-t-il précisé, préfèrent mettre leur science au rancart à cause de la paresse de certains ou encore ils font de la vraie science constamment refusée par les milices diverses de l’eurocentrisme. 

Ordonné prêtre, il y a 35 ans par feu Mgr Kabangu wa Mutela du diocèse de Luebo, il y a 25 ans qu’il est revenu du Canada, docteur en Anthropologie et licencié en théologie à l’université Laval de Québec. De retour en Afrique, Ntumba M.M. négocia avec son évêque pour faire l’une des sciences sociales et la théologie, non pas pour les mettre au tiroir ; mais plutôt pour aider les peuples d’Afrique à rencontrer librement leur hôte Jésus-Christ pour leur promotion plein (résurrection) et non pour leur perdition (enterrement). Les deux sciences l’ont outillé intellectuellement et rendu capable d’engager théoriquement et pratiquement son peuple (Africain) à récupérer son initiative historique et à produire son Christianisme dans le concert de la Chrétienté. C’est donc depuis 25 ans qu’il fait avec son peuple de l’anthropologie et de la théologie appliquée, un événement historique, scientifique et pastoral. 

Voici ses convictions profondes, défendues universellement en haut lieu scientifique et professées depuis lors partout depuis son retour au pays natal : 1.Ntumba M.M. croit profondément en Dieu comme Créateur de tout et de l’homme en particulier à son image. 

2.il croit en même temps à l’homme, à tout homme créé à l’image de Dieu, à l’égalité des hommes. Comme BOAS, SAPIR, HERSKOVITS… Aucun peuple ne peut être esclave d’un autre. Et donc aucune culture n’est supérieure à une autre et ne peut en être le tamis. Tout a droit à l’autogestion et autodétermination. Il récuse tout dogme de l’inégalité des hommes et de leurs cultures. 3. Il croit par conséquent dans l’homme africain et dans les hommes dominés en tant qu’anthropologue militant. Or, les croyances communes devenues dogmes axiomes depuis la traite des Noirs et la domination coloniale professent l’inégalité raciale et culturelle. 

Ce sont ces convictions fondamentales, défendues depuis 25 ans partagées avec son peuple qui ont rendu possible cette sorte de séisme religieux de christianisme occidental. Grâce à elles, une section des peuples d’Afrique noire a tenté de prier, de s’organiser, de penser, non plus par procuration mais à partir de sa culture. Ntumba a autrement conscientisé son peuple à remettre en question le sens commun, les croyances communes devenues fausses, importées et imposées par la révolution capitaliste en Afrique. Ce colloque se veut l’halte de réflexion permettant à la paroisse de dresser un bilan critique et perspectives de l’inculturation depuis 25 ans, c’est-à-dire présentation du travail fait en liturgie par les faces impliquées du monde noir et la guerre économique de prise en charge matérielle. 25 ans de combat d’inculturation politique, d’autodétermination collective de la société (d’administrative d’organisation du pouvoir ecclésial de gestion de la paroisse et de la grande société. Dans le domaine de gestion, de contrôle de la vie collective administration des archives, de l’élaboration collective des lois, des luttes collectives pour la justice et la paix. 25 ans d’inculturation médicale ou d’indépendance médicale. Le monde noir et la guerre d’éducation, de récréation ou de  » production  » des acteurs passifs du modèle européen. 

La guerre planifiée contre les piliers de la culture africaine et stratégies de résistance à cette guerre. Le colloque a bénéficié de l’appui des personnalités tant religieuses que politiques, notamment celui de l’honorable Evariste Boshab qui n’a pas seulement apporté un soutien moral ; mais bien plus a fait un cadeau à Ntumba M.M. le diplôme d’honneur lui a été décerné par le club Meeting ainsi qu’une musique Tshiokwé représentation de l’unité des Noirs. 

Le jeu européen à travers l’Eglise catholique est définitivement terminé avec Ntumba Muena M                                                                     Laurent Lukengu 

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